Du temps lointain des Dieux, étaient trois Rois amoureux de la même Déesse, Amour.
Ces trois Rois étaient Eros, Philos et Agapée…
Il faut dire qu’elle était belle, Amour ! De la pointe de ses longs cheveux châtain clair au bout des ongles de ses orteils, elle était magnifique. Promenant une grâce naturelle et quelque chose qui transpirait d’elle de Divin. Une Déesse, quoi.
Sauf qu’elle ne croyait pas être belle.
Oh ! Je sais : c’est quelque chose oublié, aujourd’hui. Et si je le dis, vous allez me rire au nez… Pourtant. Il est bien des divinités qui ignorent la confiance en soi. Ou la prétention. Soit…
Eros est amoureux. Fou. Il tremble, s’enflamme, s’éprend. Mais s’éteint souvent aussi vite.
Heureusement, son frère Philos le soutient. Souvent. Quand la Passion s’éteint, l’amitié prend le relais. Mais pas toujours : il est arrivé que, dans leurs querelles, ils en viennent aux mains… Philos est un calme. Plus stable que son frère, ce qui n’empêche l’inquiétude ou la colère.
Pendant ce temps-là, Agapée plane.
Alors lui ! Toujours dans les nuages !
Ses frères Eros et Philos le regardent parfois en ricanant : ils ne comprendront donc jamais ? Quelques fois, ils l’approchent un peu. Agapée leur sourit. Puis s’envole un peu plus haut. Il s’en fout ! Mais complètement !
Enfin, c’est l’air qu’il se donne. Ce n’est pas vrai. Son point de vue est simplement différent. Pour lui, rien ne sert de s’affoler sur les misères du monde. Il suffit de soi-même connaître le bonheur absolu pour que, petit à petit, ce bonheur s’étende. Et de voir ses frères se chamailler pour la Déesse le laisse indifférent. La seule chose qui l’attristerait serait de voir planer une ombre dans le ciel clair des yeux de « son » Amour. Peu lui chalent les histoires et comment taire. Rien que de savoir que cette Déesse existe, qu’elle vit. Qu’il peut la voir de temps en temps. Penser à elle, tout le temps, sans que ce soit un sous-produit de son imagination, qu’il a fertile. Cela le porte, loin là-haut, au dessus des nuages. Là où tout se dessine. Et tout lui arrive, comme par enchantement. Et ses frères sont jaloux. Disent qu’il a trop de chance. Voudraient le spolier mais ne peuvent que l’ignorer…
Et cela dure depuis ce temps lointain, que les êtres humains ne voient pas qu’il est à portée de leur main.
Il est toujours là, pourtant, sur son nuage, l’air de rêver. Agapée. Dans le cœur des gens.
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