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  • : Je ne suis qu'un pôvre homme qui se dit que notre monde va à sa perte. Alors j'ai cherché le pourquoi et le comment... Alors, il m'est arrivé quelque chose d'incroyable! Une rencontre avec Dieu. Ah! Je vous disais bien que c'était pas croyable!
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Nouvelle adresse:

fosseprez.pierre@neuf.fr

Lundi 25 septembre 2006
 
Toi, qui fais la grève de la faim pour obtenir des papiers. Toi, le sans-abri, condamné à la survie. Toi, qui es parqué avec ton peuple dans une réserve. Toi, qui vois ton cadre de vie, la nature, la terre, Ta Mère, mise en esclavage… Toi, l’artisan de la paix, l’artiste ou le poète magnifique, contraint souvent au RMI pour te nourrir, qui les accompagne.
 
Je vous dis, vous êtes tous, chacun de vous, des êtres exceptionnels !
 
Tu as traversé le désert et la mer pour arriver là où tu croyais trouver un espoir. Tu as traversé les déserts et l’amertume de l’homme pour en arriver là, poussé par le désespoir.
 
Aujourd’hui, tu es assis au pied d’un mur. Le mur de l’exclusion. Découragé, tu regardes tes poings ensanglantés, meurtris jusqu’à l’os d’avoir frappé ce mur à mains nues. Mais ces blessures aux mains, tu les sens à peine. Tu es blessé jusqu’à l’âme, parce que tu as cru pouvoir y arriver. Et tu t’es fais casser.
 
Alors, forcément, quand je te dis que tu es quelqu’un d’exceptionnel, tu hausses les épaules… Toi qui en es réduit à te dire que, tant qu’à faire de crever, autant choisir et espérer que ta mort puisse servir à quelque chose, pour les autres… Et tu espères encore. Un Miracle.
 
Que fais-tu de tes Talents ? Tu les enterres… Ne vois-tu pas que le miracle, c’est Toi, justement ?
 
Voilà une chose bien étonnante : combien êtes-vous ? Deux cent millions à mourir de faim chaque année. Huit cent millions qui seraient près à se lever. Sur plus de six milliards qui courbent l’échine, face à quelques centaines de multi milliardaires. Et tu dis ne rien pouvoir faire ?
 
Tu me diras : « Mais qui es-tu, toi, pour parler ! Que sais-tu de nos vies ? ». Qui je suis pour parler ? Rien. Un berger mis en liquidation il y a des années. J’ai été révolté. Je me suis battu. Parfois, je me tape de gros délires. Partir du Limousin où j’habite, pour me rendre à Gaza en stop, sans argent, sans papier, pour la Paix. Ce que je sais de vos vies ? Ce que j’en ai vécu. Je n’ai pas de diplôme. Chacun de mes apprentissages sont marqués au fer rouge dans mon âme. Ou dans les cicatrices de ma chair. Depuis l’âge de dix-sept ans. J’en ai quarante-sept.
 
Je ne suis ni Alexandre, ni Jésus, ni Mohammed, ni Gandhi… Je m’appelle Pierre et il m’est bien assez d’être qui je suis. Mais moi, le poète pouet, le mariole de service, je te dis : « Lèves-toi et marche ! » Sors ! Sors de ta grève de la faim et mange ! Nous avons tous besoin de toi. Sors de ton église et aime ! Sors de ton isolement et parles ! Sors de ta drogue et prends soin de ton corps ! Nourris-toi. Entraîne-toi. Fortifie ton corps et prends-en soin. Respecte-toi. Montres-toi. Lève la tête et sois fier : tu es un être exceptionnel. Ecoute. Si l’on te fait des critiques ? Souris, le chat ne te mordra pas ! Si l’on te fait des menaces ? Tu seras toujours là où tu dois être pour rencontrer ceux que tu dois rencontrer.
 
Avec toi, je voudrais partager une conscience : « Tu n’es pas seul ! ». C’est bien ce pourquoi le pouvoir se donne tant de mal à te le faire croire. Parce que la plus grande peur du pouvoir de l’argent, c’est que tu prennes cette conscience et que tu la fasses tienne : tu n’es pas seul ! Parce que face à cette conscience, le pouvoir ne peut rien, mais absolument rien. Ce pourquoi le pouvoir utilise la peur, la division et l’assistance. Pour te faire croire que tu es moins que rien. Mais tu es un être exceptionnel, et tu es entouré d’êtres exceptionnels. Alors, quand petit à petit tu prends conscience qu’il y a un, dix, cents êtres exceptionnels autour de toi, qui t’aiment et que tu peux aimer, tu réunis une force énorme, prodigieuse. Et ce mur de l’exclusion contre lequel tu t’échinais, tous ensemble nous n’auront qu’à souffler dessus, pour qu’il disparaisse dans un grand éclat de rire ! Parce que nous serons des centaines de millions armés des armes de l’amour : la parole pour épée et le rire pour bouclier. Eh oui ! Le rire… Le rire désarme et ouvre le cœur de gens !
 
Propositions concrètes :
 
Deux choses.
 
D’abord, organiser une structure. J’ai appelé çà UMAN, parce que en anglais, çà se prononce comme « humain » : United Minorities and Associations Net. Réseau d’associations et de minorités unies. Mais peu importe le nom. L’idée n’est que de réunir. Non pas réunir seulement tous les Sans Papier ou les Sans terre qui se battent chacun dans leur coin de par le monde. Ou toutes les tribus. Ou tous les défenseurs des droits de l’homme. Ou tous les poètes… Il n’est pas question de réinventer la roue. Mais de réunir tout le monde autour d’un projet commun. Construire une société où chacun a sa place. Une société où l’on a dépassé le jugement. Un monde en harmonie, chacun en harmonie avec son voisin et avec la Terre. Est-ce une utopie ou un projet d’avenir ? Si c’était une utopie, le monde ne connaîtrait pas d’avenir. Si c’est un projet d’avenir, il nous faut le construire. En apportant chacun sa pierre.
 
Ensuite, dans le cadre de cette structure, organiser un évènement, pour marquer les consciences. Pour dépasser les paroles et passer à l’acte. J’ai proposé des Marches Intercontinentales pour la Paix, du 11 septembre au 21 septembre. Parce que ces Marches sont un évènement humain incomparable. Parce que çà nous laisse un an pour nous préparer. Cela paraît très long, mais nous allons y être très vite. Et quand nous sommes portés par un projet, le temps paraît tellement court !
 
Il y a déjà eu des Marches de paysans, de sans papier, de précaires… Cette fois-ci, ce sera tous ensembles, à l’occasion de parcours festifs organisés sur les cinq continents, pendant dix jours, que nous marcherons. Mais pour réunir ce monde pendant dix jours, il faudra une année de travail. Du travail sur chacun de nous. Du travail tous ensembles.
 
Mais n’est-ce pas se moquer du monde que de demander d’agir à des gens qui n’ont même pas de quoi se nourrir ou accès à l’eau potable ?
 
Ce ne sont pas les moyens qui génèrent l’action mais c’est l’action qui génère les moyens.
 
Fais le premier pas. Les moyens suivront. Cela paraît complètement fou ? Raison de plus : plus c’est frapadingue et plus grand sera le mérite, plus grande sera la démonstration. Ne t’occupes pas des medias, ils ne font qu’informer. Passe la conscience à ton voisin. Par effet boule de neige, tu verras des millions de convaincus. Tu connais de la famille au pays. Des gens qui connaissent des gens. Ton voisin de trottoir. Il y a du boulot pour tout le monde, à le changer !
 
Qu’est-ce que çà va changer pour moi aujourd’hui, un projet qui se déroulera peut-être, dans un an. Justement : à travailler à ce projet, tu vas te voir changer, toi, d’abord, et ta vie, et tout de suite, parce que tu auras quelque chose ou quelqu’un en quoi tu pourras croire. Et ce quelque chose, c’est ton travail. Et ce quelqu’un, c’est toi ! Et tu auras conscience d’appartenir à un groupe, lié par un sentiment qui te rendra une force que tu croyais perdue : l’amour. Ne dis pas je vais essayer. Non. Tu fais ou tu ne fais pas.
 
Lève-toi, et marches !
Par Pierre - Publié dans : nouvelle-humanite
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Vendredi 15 septembre 2006
 
Elle m’a quitté en route, dans mes pérégrinations. Elle a du en avoir marre de ma gueule !
 
C’est dommage, je l’aimais bien, ma brosse à dents. C’était un souvenir. Je l’avais reçue. Comme à peu près tout ce que j’avais emmené pour mon voyage vers Gaza, d’ailleurs. A part mes espadrilles… Deux euros quarante au super marché.
 
Non mais moi, je dis çà : c’est que je remarque que j’ai un peu oublié ce qui est écrit en intro de mon blog. J’avais oublié de ne pas me prendre au sérieux… Alors, forcément : deux mois à pédaler, le nez dans l’guidon sur mon p’tit vélo pour la caravane, çà me conduirait au bord de la crise de Foi, à force ! Je préfère la crise de rire. D’ailleurs, il vaut mieux gai rire que soi nier, comme dirait Sonia.
 
Bon, ben c’est pas tout çà, mais qu’est-ce que je vais faire maintenant ? Je ne vais quand même pas, comme avait fait Elie après qu’il ait fait ses miracles, rester sur ma montagne à manger des criquets pendant le restant de mes jours !
 
Je ne sais même pas comment je pourrais bien arriver en Israël pour la date prévue ! C’est un Compagnon d’Emmaüs qui m’avait demandé pourquoi je n’irais pas en avion… Oui. Mais pour faire de l’avion stop, ce n’est pas trop commode ! C’est bête : on vous laisse pas faire du stop au bord des pistes. Mais il n’empêche que pour que j’aille là-bas en avion, et pour en revenir, il faudrait quand même un sacré miracle !
 
Tiens ! C’est une idée, çà : un p’tit miracle…
 
Oh ! J’en connais un qui serait rigolo ! Que tout projectile tiré soit du chocolat. Oui, parce que comme çà, on évite de transformer trop de bonne ferraille en sucreries. Ce serait dommage, tout de même, cinquante tonnes d’un char d’assaut transformé en cacao. Il vaudrait mieux en faire des vélos. D’où un nouveau problème d’arithmétique pour les enfants à l’école : « Un char d’assaut pèse cinquante tonnes. Un vélo en pèse douze. Combien de vélos pour un char d’assaut ? »  Et je suis sur que, là où servent les chars d’assaut, des vélos seraient plus utiles !
 
Oui mais non, je dis çà, c’est pour de rire. J’en vois qui croient que je raconte n’importe quoi !
Et bien moi, je voudrais bien être une petite souris, pour voir la tête des soldats quand ils voudront tirer et qu’au lieu de faire « Pan ! » çà va faire « Splouch !»  du chocolat fondu par la chaleur de l’explosion ! Et puis la tête de tous les militaires du monde quand ils n’auront plus qu’à vendre leurs joujoux au prix de la ferraille en gros. Parce que comme moyen de transport, les blindés, ce n’est quand même que très médiocre et pas très économique. Bonjour l’écologie !
 
Mais alors, çà ferait un crack boursier sans précédent ! Rien qu’en France, le montant des exportations d’armes dépasse de un zéro le montant des exportations de voitures. Et vu où est placé le zéro, çà fait un peu d’argent ! Et tous les chômeurs que çà ferait ! Ah ! Vous n’y pensez pas mon pôv’ monsieur ! Oui. Mais comme les marionnettistes, qui tiennent les cordons de la bourse et tirent les ficelles des gouvernements, se retrouveraient tout nu, du coup l’argent serait pour tout le monde. Comme le soleil. Et plus personne n’en manquerait ! Et puis les gens n’auraient plus peur. Comme ils n’auraient plus peur, ils ne seraient plus divisés. Comme ils ne seraient plus divisés, il n’y aurait plus besoin d’assistance. Et du coup, le pouvoir n’a plus d’outils !
 
Woaw ! On va pouvoir offrir des pralines rien qu’en tirant en l’air ! En voilà un beau miracle ! Que tout projectile tiré soit du chocolat !
Ainsi soit-il, amen et tralala !
Par Pierre - Publié dans : nouvelle-humanite
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Vendredi 15 septembre 2006
L’histoire…
 
Il était onze heures trente quand nous avons quitté Planteloup avec le camping car, Malcolm et moi. « Juste à l’heure », lui avais-je dit. Arrivés à Bellac, je ne me faisais pas trop d’illusion sur le monde réuni. Mais quoi ! On peut toujours rêver… Seule Sigride tait là, comme prévu. Yves est arrivé un peu plus tard. Nous avons donc décidés d’y aller sans attendre. Au départ, Sigride m’a donné dix euros. Elle avait pensé nous accompagner jusqu’à Limoges, mais cela n’avait aucun sens, si nous étions seuls.
 
Sur la route, je ne voyais pas le paysage. J’essayais de comprendre. Et je n’y arrivais pas. Finalement, je me disais que cela n’avait pas de sens d’essayer de comprendre et qu’il me fallait simplement vivre le temps présent. « Enjoy », me disait mon petit doigt. Pas la peine d’attendre quelqu’un à Limoges. Ni à Millau d’ailleurs. Curieusement, j’avais oublié de prendre mon répertoire et je ne pouvais joindre personne. Mais rien n’arrive par hasard.
 
A Millau, nous avons fait un petit tour de la ville pour chercher où passer la nuit. Finalement, nous sommes allés nous installer sur une sorte de dégagement, à un carrefour de la route avec un chemin, après le « Pont de Millau ». Nous avons célébrés le voyage, à deux. Et nous nous sommes couchés pas trop tard. J’étais crevé.
 
Nous étions debout à quatre heures et demie. Nous rigolions en prenant notre café : « Super clochard sous le super pont ! » Malcolm décidait de partir en Espagne et nous regardions sur la carte où trouver un endroit pour me poser. En ne trouvant rien de convenable, il acceptait de faire un petit détour pour trouver un endroit sur la route de Montpellier. Je m’étais lavé la tête de mes réflexions et me je me fiais à mon intuition : Je savais qu’il y avait un endroit, quelque part par là. Finalement, nous avions dépassé Montpellier quand Malcolm décidait de ne plus aller plus loin qu’un parking de grande surface au bord d’un rond point, dans le sens opposé à ma direction. Il se garait là. Je regardais les enseignes des magasins. J’examinais l’endroit… Mince ! C’était là que j’avais rendez-vous. J’en avais parlé avec Malcolm. Lunel. Une femme en noir. Elle nous suit. Je ne sais pas comment elle sait, mais elle sait. Elle va arriver dans quelques minutes.
 
A peine le temps de préparer un café. Je vois une voiture se garer devant nous. Deux jeunes femmes vêtues de noir sortent de la voiture pour aller dans la boulangerie, de l’autre côté du parking. Je dis à Malcolm : Tiens : voilà mon taxi. Je venais juste de me changer. L’une d’elle aussi. Elle reviennent vers la voiture et je descend tranquillement du camper.
 
-          Bonjour ! Je m’appelle Pierre et je vais à Gaza en stop, sans argent et sans passeport. Est-ce que vous auriez une place dans la voiture pour me descendre un peu plus loin ?
-          Ah ? Oui, on doit pouvoir trouver une petite place, mais on ne va que jusqu’à Lunel…
-          C’est bon pour moi.
-          Et on n’a plus d’essence. Nous sommes allés en Espagne, sans argent, et là nous sommes presque arrivés mais on est bloqués.
-          C’est bon aussi pour moi. J’ai reçus dix euros hier et je ne crois pas au hasard.
 
Nous avons beaucoup parlés. J’étais assis à l’arrière, à droite. Dina conduisait la voiture. Elle regardait dans son rétroviseur.
-          Où est-ce que je te pose ?
-          Là, c’est toi qui sait !
-          Qu’est-ce que je fais ?
-          Suis ton cœur…
 
Nous avons fait une grande boucle, en passant par La Grande Motte.
-          Pourquoi tu ris tout le temps, Pierre ?
-          Tu sais bien !
-          Qui tu veux voir ?
-          Ceux chez qui tu vas.
-          Non. Eux tu ne peux pas…
-          C’est toi qui sais.
 
Nous sommes revenus à Lunel. J’ai reçus un chapeau de paille, qui m’a bien servi. Je continuais ma route et elles la leur. Dina était prête à venir avec moi. Je lui ai dit que j’allais dire bonjour aux Compagnons d’Emmaüs à Arles. Elle a fait ce qu’elle devait faire. Je continuais ma route. Par sauts de puce de 10 kilomètres. Le temps de faire connaissance avec le conducteur. Des attentes au bord de la route. Le temps de me montrer. Beaucoup ne voyaient rien. Quelques-uns voyaient le panneau argenté confectionné par Malcolm, avec ses lettres noires : GAZA, et me regardait dans les yeux : Gaza ? Je répondais « oui » du regard. Certains se contentaient de rire. D’autres applaudissaient, ou, après m’avoir déjà vu, klaxonnaient en passant et en faisant des grands signes. D’autres encore s’arrêtaient pour m’emmener. Et nous avions de grandes discussions. Animées parfois, comme avec Stéphane.
 
J’arrivais à Arles et me faisait poser près du rond-point de la route de Trinquetaille. J’avisais le rond-point où j’avais un jour croisé cette jument dont je parle dans mon livre « Gaïa et le berger ». Eh oui ! Cette jument existe…
 
Chez les Compagnons, les lieux n’avaient pas beaucoup changés. Mais il n’y avait plus personne de ceux que je connaissais, il y a neuf ans, hormis le Trésorier. J’étais très heureux de le revoir ! Je me sentais accueilli, dans une superbe ambiance. Je trouvais là une paire de Rangers qui m’attendaient. A ma taille, bien sûr. Cadeau.
Un peu plus tard, le directeur me posait sur l’aire à la sortie d’Arles en me laissant dix euros. J’avais « refais le plein ». Je décidais d’acheter une carte d’Europe, quand même, pour savoir où je vais. Non pas que je choisisse vraiment, mais plutôt pour me faire une idée de mon avancement… A peine le temps de passer à la caisse, mes deux sacs sur le dos et le panneau « Gaza » posé sur le comptoir, je trouvais une voiture pour l’aire suivante, un peu avant la bifurcation entre la route de Nice et celle de Marseille. Là, j’ai du attendre. Mais j’ai fait beaucoup de rencontres enthousiastes. Finalement, dans la nuit, j’ai vu arriver un motard. J’étais le dos contre le réverbère, en face de la porte d’entrée de la boutique, assis sur mon sac, le panneau posé devant moi. Je finissais un sandwich.
 
Nous avons passé un bon moment ensemble. Finalement, Martin n’était plus le même homme en repartant. Il m’avait dis en cherchant ses mots, désolé d’en savoir si peu : « Tu resteras le symbole pour ma vie !» Mais avec très peu de mots, nous nous comprenions parfaitement. Et je savais qu’il était un de ceux qu’il me fallait rencontrer. Bon, je peux m’en aller maintenant ? Demain… Bon, je peux aller dormir alors.
 
Le lendemain, je rencontrais encore deux personnes. Je faisais des allers venues pour rencontrer des gens, leur parler. Mais je savais bien à qui je pouvais parler et la plupart du temps, je ne faisais que m’occuper. Malgré tout, je commençais à ne plus rien comprendre au film. Tout était très clair pourtant, mais j’étais tellement obnubilé par mon objectif que je ne comprenais plus rien. J’avais cherché un véhicule pour Nice ou l’Italie et je n’en trouvais pas. J’apprenais beaucoup aussi, des gens qui étaient habitués aux pays que j’avais l’intention de traverser. Après vingt heures d’attente, je me décidais à emprunter l’arche pour traverser l’autoroute. Je faisais le tour de l’aire. Dix minutes plus tard je trouvais une voiture pour Avignon.
 
Là, à l’entrée du péage de l’autoroute, les voitures qui s’arrêtaient descendaient à Marseille. Je ne m’en sortirai donc pas ? Des trombes d’eau se sont abattues, me laissant trempé jusqu’au os. Finalement, une voiture m’emmenait à Chalons.
 
Dans la voiture, je m’assoupissais. Tout à coup, je comprenais la série de messages que j’avais pu capter. C’est fait. J’avais fait ce que j’avais eu à faire et il ne servait à rien d’aller un pas plus loin, que de me retrouver en prison, ou assassiné. Je n’avais plus rien à faire sur la route et il me fallait prendre un avion pour aller en Israël. Il fallait que j’arrive chez moi cette nuit. J’étais à la bourre. Un coup d’œil au compteur de la voiture : 180 kilomètres à l’heure. C’est bon, j’arriverai.
 
Je suis arrivé, déposé au bout de mon chemin, à trois heures du matin. Je n’ai pas eu un kilomètre à marcher. Et Gandalf, un pro du stop, avait fait un bon détour pour me déposer au bon endroit. Une station service où je n’ai eu qu’à attendre un peu un camion qui descendait sur Limoges. A La Croisière, j’ai pris le temps de me restaurer d’un sandwich et d’un café. Le voyage était fini. Je me donnais le droit d’utiliser ma carte de crédit, emmenée en cas de nécessité de survie. Trois jours à rester sans manger n’auraient pas été une nécessité, mais le voyage étant fini, j’avais envie de le célébrer. Je trouvais quelqu’un à qui j’ai fait découvrir les petites routes de campagne, au milieu de la nuit.
 
Voilà. Je ne suis pas arrivé à Gaza comme je l’avais imaginé. Mais ce que j’avais imaginé m’a permis de passer. Je suis passé. J’ai passé le message. Non pas de l’information, mais de la conviction, de l’enthousiasme. Et cet enthousiasme va se communiquer, très rapidement. En un mois, j’ai communiqué cet enthousiasme à une série de réseaux. Le travail était déjà fait avant de partir. La porte était déverrouillée. En partant, j’ai ouvert la porte. Maintenant il me reste quelques jours, encore deux ou trois bricoles à préparer. Et nous franchirons cette porte.
 
La Porte de la Paix. La Porte du Nouveau Monde.
 
Le dimanche avant mon départ, je savais que la caravane ne se ferait que l’année suivante. Pour des tas de raisons. Mais je savais aussi que si je ne partais pas devant, cette année, elle ne se ferait jamais. Oui : je suis un farfelu. Mais il n’y a pas à dire, Dieu est infiniment plus farfelu que moi. Et je ne peux qu’éclater de rire !
Par Pierre - Publié dans : nouvelle-humanite
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Mardi 5 septembre 2006
Tout va très vite, des centaines de mails qui sont retransmis, par chacun des destinataires, partout dans le monde... Sur les cinq continents, des gens écrivent pour réunir d'autres gens. Pour pouvoir nous retrouver à Gaza le plus nombreux possible. Je sais que, une fois que nous seront partis, les Medias transmettront l'information et que nous réunirons les moyens nécessaires. Je sais aussi, pour l'avoir vécue plusieurs fois, l'aventure humaine prodigieuse que génère une Caravane telle que celle-là...
Mais il nous faut pouvoir partir. C'est à dire réunir le plus de monde possible capable de se rendre là-bas, avec son camion ou en trouvant une place dans un autre. Le plus de monde possible, quelque soient leurs compétences. A Gaza, les rues sont pleines de poubelles! Il n'y a pas besoin d'avoir le bac pour donner un coup de main à les ramasser, comme on fait sur tous les festivals auxquels j'ai eu la chance de participer.
Tant de choses sont possibles à faire! Aller voir les gens, leur demander un peu d'argent: 10 X 5 euros, çà fait 50 euros, ce n'est pas grand chose, mais pour nous c'est déjà la possibilité d'aller jusqu'à Millau pour un camion. Chercher dans la rue, les routards, ceux que l'on ne voit pas. Aller voir les associations, des artistes, les écoles, les Maires (jumelages), les Medias, tous ceux à qui l'on peut penser. Et ceux à qui l'on ne pense pas: un copain perdu de vue, à l'autre bout du monde. Aller chercher sur Internet, et bombarder des messages: à force de recevoir le même tous les jours de personnes différentes, certains pourront se décider. Et simplement faire un copier coller et envoyer à tout son carnet d'adresse!
Même ceux qui pensent ne rien pouvoir faire, pour toutes les raisons possibles que je comprends fort bien, peuvent consacrer un peu de temps pendant quelques jours pour relayer l'information et nous aider.
Faute de structure, les chèques envoyés devront être établis à mon nom, Pierre Fosséprez, parce qu'il n'est pas possible légalement d'ouvrir un compte spécial dans les temps impartis. La seule garantie que je puisse offrir, c'est que cet argent réuni sera utilisé en sa totalité à l'aide au retour de la paix à Gaza. Justement parce que nous n'avons pas de charge de structure!
Pour un virement, il est possible de le faire sur le compte:
En National: 18715 00101 04006672502
En International: FR76 1871 5001 0104 0066 7250 262 / CEPAFRPP871
Merci pour votre participation:
NOUS PASSERONS!
Dernière minute: reportage sur 
Jeudi 07 septembre à 14h00!
 
Par Pierre - Publié dans : nouvelle-humanite
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Mardi 5 septembre 2006
Caravane Intercontinentale pour la Paix à Gaza
Une Grande Caravane pour la Paix dans l’Harmonie.
 
Le 11 septembre 2006, c’est le centième anniversaire de la décision de Gandhi de rechercher la justice par la non-violence et la désobéissance civile. C’est aussi, est-il besoin de le rappeler, l’anniversaire des attentats aux Etats-Unis. C'est aussi le 33eme anniversaire de la mort de Salvatore Allende, mort les armes à la main pour défendre la démocratie contre un coup d'Etat voulu, soutenu et organisé par les Etats Unis.
 
Le 21 septembre, c’est la Journée Internationale pour la Paix. Ce jour là, j’avais voulu organiser un festival pour la Paix, à Gaza, au milieu des conflits du Proche-Orient. Mais comme tout le monde ne peut pas se rendre à Gaza, des gens qui voulaient malgré tout faire quelque chose ont pris en charge d’organiser un évènement chez eux, qui s’inscrit dans la liste d’un grand nombre d’évènements organisés ce jour là. Par exemple, il y aura une méditation au didgeridoo qui tournera tout autour de la planète. Les événements prévus sont enregistrés sur les sites suivants :
 
Mais comme les jours passent et que les moyens de nous rendre là-bas par avion sont toujours aussi incertains, je me suis décidé à lancer l’idée de nous y rendre par la route, avec nos vieux fourgons et autres guimbardes… Du onze au vingt-et-un septembre, cela nous laisse dix jours pour arriver là-bas.
 
Pour notre part, nous quitterons le Limousin en fin de matinée. Pour nous rendre à Millau, premier point de rencontre et de rassemblement des différents groupes qui partiront d’autres endroits en Europe. Mais d’autres groupes devraient se réunir ailleurs, sur les cinq continents.
 
Chaque soir à l’étape, nous prendrons nos repas avec tous ceux qui se joindront à nous, qui voudront bien apporter un petit quelque chose. Des concerts et spectacles conviviaux seront organisés, pour un prix laissé « à vot’ bon cœur » pour mettre du pétrole dans nos véhicules : l’aller retour coûte environ 1 000 Euros par fourgon. (Pour info, il me reste aujourd’hui 89 cents).
 
Tout cela est organisé pour aider les gens de la bande de Gaza, qui sont maintenus sous blocus. L’aide d’urgence doit encore s’organiser (Connexions Internet interrompues). Mais il ne s’agit pas seulement de cela : Gaza est choisi tout particulièrement en symbolisme du refus de la guerre. Chacun sait que si rien n’est fait, le conflit au Proche-Orient va dégénérer et devenir nucléaire. Et chacun sait aussi que l’on ne peut compter que sur nos représentants. Ils ont besoins d’un coup de main pour affirmer l’opinion publique.
 
Itinéraire
 
Vous pouvez consulter l’itinéraire sur www.viamichelin.fr en indiquant Millau (France) en départ et Adana (Turquie) en arrivée. L’itinéraire à la sortie de la Turquie reste aléatoire.
 
Les étapes devraient être d’environ 600 km. par jour, avec pour escales les villes suivantes :
 
Rassemblement à Millau dimanche 11 septembre des groupes partis de France ainsi que d’Europe de l’Ouest et du Nord. En Dupleix et en direct toute la nuit. Repas pris tous ensemble. Concerts.
 
Lundi 12 :       Alessandria (Italie)
Mardi 13 :       Ljubljana (Slovénie)
Mercredi 14 :   Beograd (Serbie et Monténégro)
Jeudi 15 :         Haskovo (Bulgarie)
Vendredi 16 : Gebze (Turquie)
Samedi 17 :     Adana (Turquie)
Dimanche 18 : Syrie
Lundi 19 :       Liban (ou Jordanie selon conditions)
Mardi 20 :       Israël
Mercredi 21 :  Gaza (Palestine)
 
Itinéraire présenté à titre indicatif.
 
Note : à ceux qui avanceront qu’il est illusoire de croire pouvoir se rendre à Gaza, je ne répondrai qu’une chose…
 
Venez, et…
Nous PASSERONS !
 
Par Pierre - Publié dans : nouvelle-humanite
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